Autisme s'en sortir

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   Nous avons, comme beaucoup de parents et d’enfants autistes, eu un parcours trés chaotique.       
   
Nous nous posions des questions voyant certaines réactions d’Antoine. Mais le corps médical nous rassurait en nous expliquant que tout se résoudrait lors de son entrée à l’école.

       Mais à l’école, la maîtresse nous a confirmer la présence d’un problème plus complexe. Nous avons consulté un pédiatre qui nous a envoyé voir le C.A.M.S.P. (Centres d'Action Médico-Social Précoce). Cet organisme, après études d’Antoine, nous a indiqué qu’Antoine avait des troubles du comportement et vu son âge (3,5 ans), il devrait aller au C.A.T.T.P.  (Centre d'Accueil Thérapeutique à Temps Partiel à hôpital psychiatrique). Après quelques temps passé au C.A.T.T.P. en alternance avec l’école accompagné par une AESH (aide humaine scolaire), nous avons demandé ce qu’avait Antoine, mais jamais de vrai explications, jamais d’indication sur son avenir,.. Bref, la pédopsychiatre ne nous donnait que peu de réponses à nos questions. Par contre, elle me posait sans cesse des questions sur moi et ma façon de voir et de comprendre Antoine. Nous cherchions des réponses et on nous donnait des questions. Est-ce que la pédopsychiatre m'analysait ? Est-ce qu'elle me rendait responsable du comportement d'Antoine ?

     Je suis allée voir la Dr Martinet de l'association AIR. Après quelques tests passés à Antoine, elle m’a expliqué qu’il avait des Troubles Envahissant de Développement et a répondu à mes questions. Ce fut un choc.
Antoine continua à aller au C.A.T.T.P., à l’école (avec une AESH ou AVS : Aide à la Vie Scolaire) et avait des séances chez une orthophoniste (beaucoup plus psychologue et aidante que la pédopsychiatre du C.A.T.T.P..

     Puis nous l’avons retirer du C.A.T.T.P. en raison du manque d’encadrement et de stimulation, du manque de réponse, de la longueur des trajets (2h aller-retour).

       Nous sommes allés au Centre de Guidance Infantile (C.G.I.)(plus proche de chez nous). La pédopsychiatre du centre nous a conseillé de rencontrer une psychomotricienne. Ce que nous avons fait. Antoine a donc suivi des séances de psychomotricité, d’orthophonie et continuait d’aller à l’école (avec une AVS).

Antoine a eu la chance d'avoir une excellente institutrice en moyenne section et en grande section de maternelle. Cette institutrice a réussi à le faire progresser. Elle lui a appris à lire, à écrire et à compter. Un grand merci à cette institutrice.

     Tout a été remis en question en 2012. La psychologue scolaire nous expliqua qu’Antoine n’avait pas la capacité de continuer à l’école et que l'ULIS école n’était pas recommandée car il manquait de maturité. Ce fut encore un grand choc, car il n’y avait plus qu'une solution recommandée par les services sociaux : un IME pour déficients intellectuels (Institut Médico Educatif)! Antoine n'est pas déficient intellectuellement, il est autiste! Nous étions face à un mur infranchissable pour l’avenir de notre enfant : IME et à 18 ans l'hôpital psychiatrique!! Il n’en était pas question!

     Un espoir est venu d’un petit garçon nommé Mikaël. Mikaël allait au C.A.T.T.P. avec Antoine. Et, comme Antoine, il avait été retiré du C.A.T.T.P. par ces parents. Ce petit garçon suivait la méthode des 3i. Et grâce à lui et sa famille (merci Sylvie) Antoine avait un avenir un peu plus souriant que ce que les autorités compétentes(compétentes n'est peut-être le nom le mieux adapté!) lui réservaient. C’est donc en mai 2012 que nous avons commencé cette méthode créée par  Autisme Espoir Vers l’Ecole.
     
     Antoine a progressé, il a joué avec les bénévoles toute la journée. Il est devenu beaucoup plus présent, il inventait des histoires avec ces personnages préférés (marionnettes, Barbapapa, les dinosaures, ...). Il a suivi les cours de CP, CE1 et début CE2, à la maison,  grâce au CNED, aux bénévoles, et à moi, sa maman. Un immense merci à tous les bénévoles, sans qui Antoine n'aurait pas autant progressé.
     
     Avec d'autres parents, nous nous étions rendus compte qu'il fallait plus pour nos enfants. Nous nous sommes battus pour la création d'une Unité d'Enseignement. L'ADAPEI du Doubs nous a soutenu, encouragé et fait les dossiers pour cette UE.
   
     Ensuite, Antoine a été dans cette UE TED à l'école de Montlebon. Il y avait une institutrice, des éducateurs, des professionnels de l'autisme (psychomotricienne, neuropsychologue,...). Il était devenu un simple écolier, avec des soucis d'écoliers. Et chaque soir il jouait avec un bénévole. Antoine a bien progressé en autonomie et sociabilisation. Par contre, point de vu scolaire, il n'a pas fait de progrès ou si peu. Nous nous sommes rendu compte, aussi, que l'UE était une classe de l'IME trés fermée : c'est une exclusion de l'interieur et non une classe ouverte avec des inclusions dans l'école de Montlebon.
   
     Antoine a dû quitter cette UE TED en raison de son âge. Ce fut aussi un soulagement car cette UE ne correspondait plus à Antoine, ni à notre projet.

    L'ADAPEI et les services sociaux ont proposé qu'Antoine aille au collège en classe ULIS avec des inclusions en classe ordinaire. J'avais beaucoup de craintes vu son niveau scolaire atteind en UE. Mais Antoine s'est très bien adapté au collège. Il est suivi en permanence par des AVS et/ou éducatrice. Antoine est l'un des meilleurs collégiens de sa classe ordinaire. Il a fait de gros progrès en sociabilisation, en rapidité de langage et il s'est transformé en véritable collégien. L'inclusion en milieu ordinaire est la meilleure solution pour Antoine et pour beaucoup d'enfants/adolescents autistes.

    L'inclusion en milieu ordinaire est la meilleure solution pour tous les enfants handicapés. N'oublions pas que ces enfants sont des enfants avant tout. Il faut vraiment arrêter l'enfermement des enfants dans des structures comme les IME. Il faut ouvrir les portes des IME, des UE et mélanger les enfants autistes avec les enfants neurotypiques (ordinaires).
Antoine est maintenant au collège en classe ULIS avec beaucoup d'inclusion en 4eme ordinaire. Mais il aura 16ans en juillet : il ne peut pas continuer en 3eme (à cause de ses 16ans) et ne peut pas aller au lycée professionnel car il n'est qu'en 4eme (inscription impossible en lycée). Que faire ?? Ou ira t-il en septembre??

   
    Nous allons, encore une fois, nous battre pour tenter d'offrir à notre fils, et aux autres autistes, un meilleur avenir...juste un avenir.

Long et difficile parcours d'Antoine, rempli d'embuches

Juste un avenir...