Autisme s'en sortir

e-mail : autismesensortir@gmail.com                                                                                                                                                                                                                                                              Mise à jour : mai 2021


Les symptômes de l'autisme


  Les premiers symptômes, visibles dès 3 mois, sont :

     L'enfant reste calme trop calme, ne babille pas, ne sourit pas, ne joue pas avec ses mains.
Son regard est fuyant et il n'imite pas les personnes en face de lui, ni au niveau du visage, ni au niveau des gestes (pas de jeu des marionnettes, ….).
     Il ne répond pas à son prénom, ni aux autres bruits même brutaux. Beaucoup d'enfants autistes ont passé des tests auditifs en raison de leur manque de réaction aux bruits et appels de leur prénom.
     Il ne joue pas mais il secoue les jouets et s'enferme dans ce mouvement répétitif.


Les troubles de la communication :

      L'enfant autiste (ou troubles du spectre autistique ou troubles envahissant du développement) montre aucun intérêt vis à vis  des personnes ou des animaux.
      Pour montrer les choses dont il a besoin, l'enfant utilise la main de l'adulte. Il ne pointe pas du doigt les choses.
      La parole est souvent absente. Le langage nécessite l'organisation et la notion de concept. L'organisation de l'information fait défaut chez les enfants TED : tout a la même importance chez ces enfants aussi bien une petite photo posée sur un meuble que la personne qui leur parle.
      Il y a trop d'informations d'où la limitation des intérêts pour limiter les informations.
      Il leur manque parfois aussi la notion de concept : nous ordonnons le monde par concept (Alan Snyder). Le concept est une représentation mentale d'une idée, d'un objet, d'une situation, … Par exemple le concept « table » : nous pouvons reconnaître une table même si la forme change, la couleur change ou la taille change. Sans cette organisation et cette notion de concept, il est impossible de parler. Certains enfants arrivent à créer des concepts mais ça leur demande beaucoup d'énergie et donc ils se limitent à certains sujets qu'ils maîtrisent (les animaux, les dinosaures,...).
      Lorsque la parole existe, il répète souvent des mots ou phrases hors contexte (écholalie). Cette forme de langage est maintenant reconnue comme étant positive : tous les enfants passent par cette étape de répétition et les enfants autistes le font aussi mais souvent beaucoup plus longtemps. Cette phase est nécessaire à leur apprentissage du langage et il ne faut pas les en dissuader : ils sont en train d'apprendre à parler.
       Les enfants TED posent très souvent des questions dont ils connaissent les réponses. Ils créent la prévisibilité donc le réconfort. Répéter une question dont ils connaissent la réponse leur permet de se sécuriser, d'anticiper et donc de contrôler leur vie. Il n'y a rien de plus stressant pour ces enfants que d'avoir le sentiment de ne pas contrôler sa vie. Poser des questions leur évite aussi que nous leur posions des questions dont ils risquent de ne pas connaître la réponse et donc de la mettre en état de stress.
       L'expression est à voix haute et toujours sur le même sujet, il peut rire de façon inappropriée. Il n'y a pas d'échange verbal et le regard fuit. Il s'exprime avec une voix monocorde. Il y a confusion entre le « je », le « tu » et le « il », ainsi qu'au niveau des articles (le maison, la couteau,...).


Troubles au niveau des relations sociales :

       Le déficit de communication engendre des difficultés dans les relations sociales.
       Ne parlant peu ou pas, l'enfant autiste s'isole de plus il n'apprécie pas la présence d'autres enfants car ils sont imprévisibles et représentent le chaos. Un enfant TED a besoin de repère, d'organisation répétitive, de rangement. Tout ce qui est non prévu, non prévisible, stresse l'enfant TED. Il se met alors à faire des gestes répétitifs, stéréotypés pour se rassurer. Il a parfois des pulsions irrésistibles ( c'est un ordre du cerveau : pour nous se sera de boire lorsque nous avons soif, pour les enfants TED se sera de mordre son pull suite à une frustration ou un problème).
       Les enfants TED ne regardent pas les autres dans les yeux. Il semblerait qu'ils ne regardent pas dans les yeux car les yeux bougent tout le temps [1]. Temple Grandin (autiste née en 1947, elle a écrit beaucoup de choses  sur l'autisme (par exemple « Ma vie d'autiste ») et a participé à beaucoup de conférences afin de faire connaître la vie des autistes) expliquait qu'elle avait beaucoup de mal à regarder les gens dans les yeux en raison de leurs mouvements : les yeux bougent tout le temps. Les études montrent [1] que si nous ralentissons nos expressions (sourire, tristesse, ..) ou si nous passons un film au ralenti les enfants autistes comprennent.
       Ils ne peuvent pas participer au jeu collectif car ils ne comprennent pas les réactions des autres enfants car ils sont imprévisibles et représentent le chaos. Hors un enfant TED a besoin de repère stable, de répétition.  Ils ne parlent pas ou peu. Ils n'ont pas ou peu d'imagination (C'est très souvent lors de la phase de développement du jeu symbolique que se révèle l'autisme (exemple : prendre un caillou pour une voiture ). Les enfants TED ont beaucoup de difficultés pour imiter l'autre. Les jeux passent beaucoup par l'imitation pour apprendre à jouer (au lieu d'expliquer les règles, les enfants montrent aux autres comment il faut faire, ce que les enfants autistes n'arrivent pas ).
       Les enfants TED effectuent beaucoup d'activités répétitives et rituelles. Ces activités les rassurent : ils connaissent le déroulement donc c'est prévisible et donc ont le contrôle, le contrôle de leur vie.


Troubles du comportement :

       Certains enfants TED évitent le contact physique toujours en raison du même principe : ne comprennent pas les réactions d'autrui. D'autres enfants réclament le contact physique car ils se sentent entourer donc protéger et en sécurité.
       Les mouvements choréoathétosiques (mouvements involontaires, désordonnés et illogiques), stéréotypés : battement d'ailes, marche sur la pointe des pieds, sautillement, course de long en large, tourner les pages d'un livre, secouer un jouet, … les rassurent car ils sont répétitifs et connus. Les mouvements stéréotypés permettent de calmer l'angoisse des autistes vis à vis du monde, du bruit, du changement,...Ces mouvements permettent aussi aux autistes de s'enfermer dans leur monde intérieur où ils se sentent très bien d'où la difficulté de leur en faire sortir.


Il existe d'autres symptômes tels que :

       Outre le manque d'imagination, ils manquent cruellement de créativité,

       Beaucoup d'entre eux ont des phobies et angoisses alimentaires. Pour quelque uns, certains aliments peuvent les faire vomir. Certains aliments mis en contact avec la bouche les dégoutent, pas à cause du goût, mais, en raison de la matière.

       Ayant un besoin presque vital de limiter les centres d'intérêts et de répéter les choses afin d'avoir un minimum de maîtrise et de contrôle sur leur vie, le changement les effraye ainsi que les endroits vastes et bruyants. Ils sont très sensibles aux bruits ce qui peut paraître paradoxal vu qu'ils ne répondent pas à leur prénom. Ils ne perçoivent pas les voix de la même façon que nous. Et certains entendent des sons qui nous sont imperceptibles, ils auraient l'oreille absolue. Beaucoup d'entre eux aiment écouter le compositeur Mozart et vont se mettre les mains sur les oreilles pour d'autres musiques. Parfois il peut s'agir unique des sons émis par les lecteurs de musique : les enfants ne supporteront pas une musique avec un lecteur alors qu'ils vont l'adorer avec un autre lecteur.

       Ils ont aussi un manque de connaissance de leur corps (les autistes ne peuvent souvent pas dire où ils ont mal) et donc ont beaucoup de difficultés pour l'apprentissage de la propreté.  Ils ont également un manque de repères dans l'espace ceci serait du au fait qu'une grande partie des enfants autistes ont un problème de proprioception. La proprioception signifie « sa propre perception » et désigne l'ensemble des récepteurs, voies et centres nerveux impliqués dans la sensibilité profonde, qui est la perception de soi-même c’est-à-dire de la position des différents membres et de leur tonus, en relation avec la situation du corps par rapport à environnement.

       Les crises et violences suite à une situation stressante ou de façon incompréhensible sont très impressionnantes et souvent imprévisibles : agitations des mains et /ou des bras (papillonnement), pincements, morsures des pulls et/peluches, morsures de lui-même… Toutes ses crises sont du à une situation de stress soit réelle (problème subit par l'enfant) soit imaginée (l'enfant se souvient d'une situation de crise) d'où la difficulté de prévoir ces crises.

        Ils perçoivent les visages différemment : les visages leur apparaissent vides et leur font parfois peur. Ils ne voient qu'un détail du visage donc ne peuvent par comprendre les émotions exprimées par les visage : si vous ne regardez que le nez d'une personne, il vous sera difficile de savoir si elle est triste ou en colère.

       Les enfants autistes ont un réel problème de compréhension des règles sociales. Nous pensons qu'ils ne pourront que très difficilement s'intégrer à notre société. Toutefois beaucoup vont, grâce à leur intelligence, développer des stratégies pour contourner cette incompréhension : ils vont se créer un catalogue de situations et de réponses face à ses situations qu'ils appliqueront dès qu'ils en auront besoin. Et pour nombre de ses enfants TED une vie presque normale les attendent : boulot-métro-dodo!

       Les autistes ont aussi des capacités impressionnantes au niveau de la mémoire : lorsqu'ils s'intéressent à un sujet par exemple les dinosaures, ils peuvent mémoriser les noms de centaines de dinosaures (et ce n'est vraiment pas des noms simples!), leurs caractéristiques, leur mode de vie,... ils sont de véritables encyclopédies vivantes ! Ils accumulent les connaissances. Ils ont parfois des difficultés à les réutiliser. Il faut pouvoir utiliser ses aptitudes particulières pour pouvoir les aider à sortir de leur enfermement.

        Les enfants autistes sont des fans absolus de l'eau, jouent avec les robinets, la moindre flaque d'eau ou récipient contenant de l'eau sont source de jeux et malheureusement de renfermement (car il est très difficile de les sortir de « l'eau »). Ils aiment faire la vaisselle aussi car c'est une tâche effectuée seul, avec de l'eau et est routinière.

        Ils recherchent parfois le contact, sont très câlins et s'attachent aux gens. Ils ne regardent pas les gens dans les yeux mais aiment toucher les gens qu'ils connaissent.

        Ils ne savent pas mentir. Il sont très respectueux des règles et de leurs devoirs. Ils sont persévérants. Ils trouvent un intérêt certain dans les tâches répétitives et simples.

         Ils ont une pensée très logique et font preuve d'objectivité.

         Certains enfants TED font aussi preuve de grand talent en musique, en dessin et en mathématiques. Paul TREHIN nous donne, dans son ouvrage « Compétences et Potentiels à côté de handicaps  », quelques remarques très judicieuses : les compétences mènent au succès : être constamment en situation d’échec entraîne du désespoir chez l’enfant et plus généralement génère l’angoisse de prochains échecs. Exploiter les potentiels de l’enfant lui donnera l’opportunité de réussir. Le succès entraîne l’estime de soi : « Je ne suis pas le plus mauvais. Pour ça, je suis meilleur que certains enfants de ma classe ». Les compétences attirent la participation : reconnaître une compétence particulière chez un enfant attirera d’autres enfants vers lui. La participation est un pas pour se faire des amis : rencontrer d’autres enfants ouvre la voie vers les contacts sociaux et potentiellement à se faire des amis . L'utilisation positive dans les temps de loisir : tous les talents et aptitudes spéciales peuvent mener à des activités extrêmement variées qui peuvent rendre les temps de loisirs bien plus structurés et moins problématiques.

Autisme et créativité : envisager l’autisme de manière différente ( Paul TREHIN )


Bibliographie

1. Le monde va trop vite pour l'enfant autiste. Bruno Gepner et Carole Tardif. N°436 - 12/2009 Neuropsychologie. La Recherche.